Comment l’ACET Banque Nationale augmente les chances de succès des start-up technos

Les Affaires

 

Accompagner le lancement de 90 projets d’entreprises innovantes, qui ont permis de créer quelque 400 emplois de qualité : depuis huit ans, l’Accélérateur de création d’entreprises technologiques (ACET) joue un rôle crucial dans l’émergence de jeunes pousses québécoises.

 


 

Le président-directeur général de l’organisation, Ghyslain Goulet croit que l’ACET doit d’abord son succès à l’importante contribution de l’Université de Sherbrooke et des gens d’affaires de la région. « L’ACET est né d’une volonté commune raconte-t-il. D’un côté, l’Université souhaitait mettre en place une stratégie pour favoriser la création de jeunes entreprises technologiques qui pouvaient bénéficier des découvertes faites dans ses laboratoires. De l’autre, la communauté d’affaires souhaitait s’engager dans la création d’un modèle d’accompagnement pour les start-up technologiques. »

 

 

Aider les entrepreneurs technos à mener à bien leur projet

 

L’ACET a commencé en 2011 à accueillir les projets d’entrepreneurs en puissance, principalement des finissants de maîtrise ou de doctorat ayant, durant leurs études, fait des découvertes ou contribué à des groupes de recherche. L’ACET leur offre toute une batterie de services qu’on peut regrouper en trois grands volets :

 

Le coaching – Transmettre l’expérience des entrepreneurs aguerris aux nouveaux entrepreneurs afin de leur éviter de commettre des erreurs et de leur faire gagner du temps : c’est la base même du concept d’accélérateur. « Des gens d’affaires donnent de leur temps pour faire du mentorat et ouvrir leurs réseaux à nos entrepreneurs, explique Ghyslain Goulet. En ajoutant le travail d’accompagnement de notre équipe, chaque projet qui entre dans l’accélérateur bénéficie de 250 à 500 heures de coaching personnalisé, adapté aux besoins du projet. »

 

L’intelligence de marché – Pour des entrepreneurs issus du monde des sciences et des technologies, le principal défi est souvent commercial : vérifier qu’il existe bien un marché potentiel, et structurer le projet, le produit, le service et son modèle d’affaires pour qu’ils répondent aux besoins et au budget des futurs clients. C’est ce que fait iA7, le service d’intelligence de marché de l’ACET. Un groupe d’analystes aide les entrepreneurs à identifier les occasions d’affaires et les concurrents pour leur produit, et à bâtir leur stratégie commerciale en conséquence. Cette stratégie peut être ensuite mise en œuvre avec l’assistance d’ACET Commercialisation, une cellule de développeurs d’affaires qui s’impliquent dans la vente des produits des start-up au Québec, en Ontario et en Nouvelle-Angleterre.

 

L’investissement – L’intelligence et les conseils sont précieux, mais les jeunes pousses ont aussi besoin d’argent. Afin de leur donner l’oxygène qu’il leur faut pour finaliser le développement de leur produit et en commencer la commercialisation, l’ACET offre aux entreprises prometteuses d’obtenir un investissement en équité venant d’un fonds de capital de risque associé à l’accélérateur. Les deux fonds ACET Capital sont alimentés en majorité par du capital venant d’investisseurs privés et de deux investisseurs institutionnels, le Gouvernement du Québec et la Banque Nationale. Cette dernière a également fait un don à l’Université pour financer l’accélérateur. « L’ACET a été le premier incubateur universitaire à avoir ses propres fonds d’investissement, note Ghyslain Goulet. Déjà, plus de 65 millions de dollars ont pu être investis dans de jeunes entreprises technologiques québécoises pour faciliter leur naissance et leur croissance. »

 

 

Un accompagnement à long terme, de l’innovation au succès commercial

 

La contribution au financement est d’autant plus utile que l’ACET accompagne en priorité des projets très innovants : ils ont souvent une composante physique et non seulement logicielle, ou sont liés aux biotechnologies ou à la médecine. « On se spécialise surtout dans ce qu’on appelle la deep tech, qui exploite de véritables innovations scientifiques ou technologiques, explique Ghyslain Goulet. Ce type de projets exige davantage de temps en développement et en commercialisation. Les entrepreneurs qui relèvent ces défis ont donc moins d’options de financement en capital de risque que dans d’autres secteurs technologiques tels que le logiciel ou le commerce électronique. »

 

Autre caractéristique qui distingue l’ACET, elle ne suit pas le modèle de cohorte annuelle ou semestrielle de plusieurs autres accélérateurs. « On accepte de nouveaux projets intéressants tout au long de l’année et on les accompagne généralement sur une longue période », dit Ghyslain Goulet. Cela peut durer de 6 à 18 mois pour la phase d’amorçage, alors qu’on cherche à transformer un projet en véritable entreprise ; puis de 12 à 36 mois pour la phase de démarrage ; et l’accompagnement peut se poursuivre en phase de croissance.

 

Si environ trois quarts des projets acceptés par l’ACET sont issus de l’Université de Sherbrooke, les services de l’ACET ne leur sont pas réservés. « Nous accompagnons des projets qui n’ont pas de lien avec l’Université et qui ne sont pas de la région, précise Ghyslain Goulet. C’est l’importance de l’innovation et son potentiel d’affaires qui déterminent notre implication. Amenez-nous de bons projets, et nous leur donnerons des ailes ! »