Letenda | Une entreprise québécoise développe un nouvel autobus électrique en aluminium

Martin Jolicoeur | Les Affaires

 

Une jeune entreprise de Longueuil, du nom de Letenda, travaille avec Rio Tinto au développement d’une nouvelle génération d’autobus urbains, en aluminium et à propulsion électrique.

 


 

Les dirigeants de l’entreprise de douze employés ont officiellement annoncé mercredi, à l’occasion du Sommet mondial de la mobilité durable Movin’On, le lancement de ce projet, dont l’objectif est de présenter d’ici 2020 une nouvelle gamme d’autobus à propulsion électrique, adaptés aux conditions hivernales.

 

Le projet est mené par Letenda, une PME fondée par deux ingénieurs ayant longtemps travaillé pour le compte de la division aéronautique de Bombardier. Nicolas Letendre en est le fondateur et l’actionnaire principal, et Jonathan Beaulieu, son directeur des opérations. Tous deux travaillent sur ce projet depuis 2016.

 

«À la différence de la plupart des véhicules électriques actuellement sur le marché, le nôtre a été pensé dès le départ en fonction d’une propulsion électrique. Il sera 20 % plus léger que tout autre modèle électrique comparable, ce qui lui permettra entre autres d’accroître son autonomie», résume Jonathan Beaulieu, en entrevue avec Les Affaires.

 

 

À la manière d’une start-up

 

Le premier modèle en préparation a été baptisé Electrip. Il s’agit d’une gamme d’autobus de neuf mètres, spécialement conçue pour répondre aux besoins d’entreprises et d’institutions (comme les hôpitaux et les universités) désireuses de transporter leur personnel ou leurs usagers sur de courtes distances.

 

Son marché n’est donc pas celui des autobus scolaires, tel que développés depuis quelques années par la québécoise Compagnie Électrique Lion. Son plancher plat sur l’ensemble de l’espace passager permettra, selon la configuration choisie, d’accueillir jusqu’à 45 personnes, dont 24 personnes assises et jusqu’à 6 fauteuils roulants.

 

«Nous nous voyons comme une start-up qui souhaite repenser du tout au tout le transport en commun, explique M. Beaulieu. En demeurant à l’écoute et flexibles, nous souhaitons offrir aux décideurs, opérateurs de flottes et passagers, le meilleur modèle qu’ils auront connu jusqu’à présent.» Il va sans dire, ajoute-t-on, que l’Electrip sera également conçu de manière à faciliter l’intégration des plus récentes technologies de véhicule intelligent et autonome.

 

 

Une leçon tirée de Bombardier

 

Ce projet est mené de concert avec l’anglo-australienne Rio Tinto, la société jeannoise Constructions Proco et l’Institut du véhicule innovant, de St-Jérôme, dans les Basses-Laurentides. La participation de Rio Tinto, qui a acheté les activité de l’aluminerie Alcan il y a plusieurs années, se fait par l’intermédiaire de la Société de la Vallée de l’aluminium. Ce projet bénéficie également du support du ministère de l’Économie et de l’Innovation du Québec ainsi que du Conseil national de recherches du Canada.

 

Les partis n’ont pas souhaité rendre publiques les sommes investies dans l’aventure à ce jour. Mais une fois le prototype complété, ce qui devrait être fait d’ici 2020, Letenda ne cache pas son intention d’entrer en phase de vente et production à plus grande échelle. L’assemblage final se ferait au Québec. La phase de commercialisation est par contre encore trop éloignée pour que ses dirigeants osent encore parler de prix.

 

Mais de leur expérience chez Bombardier, les deux principaux responsables du projet ont retenu plusieurs leçons. Dont celle, affirme avec sagesse le directeur des opérations, d’éviter à tout prix de s’emballer et de se lancer dans le développement de plusieurs modèles de véhicules (comme les CSeries, Learjet, Global de Bombardier…) à la fois.